Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Moi et mes idées

Zlotan, l’homme qui voulait mourir dignement

10 Février 2014, 11:19am

Publié par Mia Holger

La neige continue de tomber, le sol se recouvre d’une immensité blanche, Zlotan a du mal à poser un pied puis l’autre.

Marcher, sans se retourner, dormir en marchant, oublier la douleur, la faim et la souffrance..

Le cœur en deuil et l’âme en peine, le corps comme un intrus, l’esprit survolant la douleur humaine, oubliant ce qui reste d’humanité.

La lutte contre un monstre, la bataille contre un ogre, la guerre est une machine à tuer inventée par l’humanité, Zlotan n’a pas de réponses, il sait qu’il se bat contre un ennemi impitoyable mais il sait aussi que l’autre là-devant n’est pas moins terrifiant. Il pense à sa bouboucki, elle est là-bas, si loin qu’il a l’impression qu’elle n’existe plus, engloutie par les griffes de ces géants de chair au cœur de noir charbon.

Il se force à avancer, il entend le souffle et la douleur de ses compagnons de souffrances, la peur est là, il peut la toucher, maîtresse sans pitié qui vous dévore…

Un pied, l’autre pied, ne te retourne pas avance.. Un bruit sourd, un corps qui tombe, on s’arrête, on se regarde, on hausse les épaules, il est trop tard, que la neige lui offre un manteau et que les dieux aient pitié de sa pauvre personne.

On a plus le temps de s’apitoyer, il faut avancer, atteindre les sous-bois, arriver à la cachette, y rentrer, et enfin se reposer quelques heures…

Des bruits de canons retentissent au loin, le ciel s’éclaire de temps à autres, l’odeur à poudre est insupportable, la neige semble devenir un aimant qui attire toutes les odeurs de la misère humaine. Zlotan lui, est renfermé en soi, il ne pense qu’à celle qu’il a laissé à la maison, son cœur pleure, il a besoin de la voir avant de devenir fou ou de mourir.

Des bruits sourds, des murmures, l’ennemi n’est pas loin, il faut se taire, ne plus faire le moindre bruit, ne plus respirer et se cacher.

Des branches les recouvrent, la neige qui tombe fera le reste pour les camoufler.

Et alors, il se rappelle de son sport favori, ce sport qu’il jouait avec ses amis quand le travail, leur laissait le temps. Ces matchs de football étaient leur passion, ils espéraient avec impatience, leur jour de rencontre. Ce jour là, c’était la fête au village, on annonçait le match des jours à l’avance, les villages se réunissaient pour voir le spectacle.

Il jouait de défenseur, son gabarit imposant, lui donnait puissance et intimidait l’adversaire. Son jeu était pourtant rapide et jamais brutal. Il ne voyait pas le football comme un jeu rude mais plus tôt comme une sorte de ballet où les joueurs étaient les protagonistes, et devaient avec art guider un ballon vers le but.

Ses coéquipiers, eux ne pensaient pas toujours comme lui, et bien souvent préférais une passe rapide, une faute qu’un petit dribbling et risquer de perdre la balle.

Maintes fois, des blessures auraient pues être évitées si la beauté avait été préféré au résultat, mais pour les villageois, gens rudes, cela n’entrait pas dans leur perception du jeu.

Pour eux, le match était beau si le score montrait des 7-5 ou des 6-4, mais ils ne pouvaient voir aucune beauté à par exemple un match nul.

Alors Zlotan, se renfermait en lui, et jouait comme son cœur lui dictait, devenant ainsi la cible, des insultes des spectateurs et des réprimandes de ses coéquipiers.

Soudain une lumière forte les aveugles, des cris, des coups, vite levez-vous !!!!!!!!!

Quelques coups de feu retentissent, les nazis les ont attrapés, un frisson de terreur les parcourt. Ils ont entendu tant et tant d’histoires… le sang est plus froid que la neige.

Après quelques minutes de panique, ils se ressaisissent, il faut affronter ce moment avec calme et sang-froid.

A cris et à coup de crosse, ils sont conduits vers une voiture, on leur demande s’ils sont terroristes, juifs, bolcheviques… et après on les fait monter dans un camion et tous repartent vers une destination inconnue.

Après 3 heures, le camion s’arrête… on les fait descendre un par un et on les enferme dans une baraquement petit et insalubre.

Il y a déjà là des autres hommes aux visages ravagés, ombres de ce qu’ils furent un jour.

La souffrance et la peur sont à jamais tatouées dans leurs âmes.

Après quelques minutes de silence, les langues se délient, connais-tu x, et y, comment va la guerre, as-tu vu mon village, as-tu du pain…. Des questions sans réponses, des questions de survie, des larmes coulent, des sanglots se font entendre, la mort rôde comme un renard un poulailler…. Ils ont compris qu’ils sont là comme dans l’avant-salle du sacrifice. Ils ont lutté pour leurs idées et mourront pour elles….. La nuit se referme, les yeux aussi, essayer de dormir, oublier la douleur, la peur et la terreur….

Zlotan, lui ne dort pas, il refuse de mourir comme un lapin un jour de chasse, il doit penser à une mort digne, un sursaut d’orgueil, un brin d’espérance..

Une idée lui vient, pourquoi ne pas demander à jouer un match de football… et pendant le match essayer de s’enfuir et mourir en homme libre…

Il en parle aux autres, ils sont tous d’accord…

Le lendemain matin, il demande à voir le commandant, il lui explique son idée, l’allemand sourit, et pense que tout compte fait un peu de distraction et d’exercice ne sera pas de trop, ses hommes sont fatigués de tant de guerre aussi.

Le match est organisé pour le même après-midi.

A 15 heures tous les joueurs sont en place, le terrain est entièrement blanc, recouvert de neige, les but sont marqués avec des branches de bois, et le blanc étincelant rappelle un linceau …

Le match commence, doucement sans vitesse, c’est dur de courir sur cette neige, l’équipe de zlotan se met en place alignée, regardant les allemands dans les yeux, ils ont le temps de dire au revoir à ceux qu’ils aiment, de prier pour un monde meilleur pour eux, de ne plus souffrir de faim, soif ou maladies.

A un mot de Zlotan, tous se retournent, et courent vers la forêt…des rafales rompent le silence, des cris de paniques, de douleurs, de haine s’envolent vers le ciel….

Au bout de quelques minutes, le silence…. La neige est rouge, le rouge de la victoire, le rouge de l’orgueil, le rouge qui guide la vie des hommes valeureux, de ces hommes anonymes dont personnes ne se souvient et qui pourtant ont construit avec leur sacrifice les bases de notre civilisation.

Commenter cet article

annie terrier 10/02/2014 18:24

Helas en 2014 il ya tjs 1 guerre quelque part : stupide !