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Moi et mes idées

Articles avec #bon pasteur

The Magdalene Sisters, la suite

21 Mai 2017, 10:56am

Publié par Mia Holger

 

 

 

 

 

Mais que sont devenus les filles de THE MAGDALENE SISTERS ?

Un petit rappel de mon antérieur article sur le sujet :

En Irlande, dans le comté de Dublin, en 1964.

Lors d'un mariage, Margaret est violée par son cousin. La honte s'abat sur toute la famille. Au petit matin, le curé de la paroisse vient chercher Margaret.
Bernadette est pensionnaire dans un orphelinat. En grandissant, devenue jolie, elle suscite la convoitise des jeunes gens du quartier. Considérant que sa nature et son caractère la destinent au pire, la direction de l'orphelinat la confie alors à l'unique institution susceptible de la maintenir dans le droit chemin.
Rose, qui n'est pas mariée, vient de donner naissance à un petit garçon. Séparée de son bébé, elle est emmenée au couvent des sœurs de Marie-Madeleine.

Les trois jeunes femmes sont immédiatement confrontées à Sœur Bridget, qui dirige l'établissement et leur explique comment, par la prière et le travail, elles expieront leurs pêchés et sauveront leur âme. Telles Marie-Madeleine lavant les pieds du Christ, c'est en lavant le linge de l'Église irlandaise et de la bonne société que ces femmes se laveront de leurs péchés en travaillant comme des esclaves, battues, humiliées, mal nourries, jusqu'en 1996.

 

Maureen, l'une des survivantes des blanchisseries Madeleine

 

 

Pendant plus de 70 ans, des milliers de jeunes filles ont été placées en détention dans ces couvents. Certaines parce qu’elles avaient eu des relations sexuelles hors mariage -y compris des femmes violées-, d’autres parce qu’elles déshonoraient leur famille, parce qu’elles souffraient de problèmes physiques, mentaux ou qu’elles étaient sans-abri. Envoyées là-bas par leurs parents, des juges, des prêtres et des membres de la police, elles ont été forcées à travailler gratuitement par des nonnes de quatre congrégations. Réduites à l’état d’esclave, ces jeunes filles, dont la plus jeune avait 9 ans, ont subi les pressions psychologiques et physiques des religieuses. «J’avais 12 ans quand j’ai été enlevée de mon école et placée, contre ma volonté, dans la Blanchisserie Madeleine de New Ross», s’est souvenue Maureen sur le site de l’association «Magdalene Survivors Together» qui défend les victimes de ces couvents. «On m’a dit qu’on continuerait mon éducation là-bas, mais c’était faux. La journée, je travaillais à la blanchisserie. Un jour, les inspecteurs scolaires sont venus et j’ai dû me cacher sous un tunnel, je suppose que c’est parce que je n’étais pas censée travailler. Les nonnes ont détruit ma vie», a-t-elle ajouté.

"On m'appelait numéro 27"

Une autre s’est de son côté rappelée qu’à son arrivée dans le pensionnat, elle avait été obligée à changer de nom. «On m’appelait numéro 27», a-t-elle expliqué. La journée, «tout n’était que silence et prières», les jeunes filles n’avaient même pas «un livre pour s’occuper». En plus de l’ennui, elles ont également subi les coups et les humiliations des religieuses. «Elles m’ont battue, frappée et torturée au point que je n’ai jamais été capable de récupérer totalement, a rapporté Josephine, toujours sur le site de l’association. J’ai essayé de m’échapper un fois, mais j’ai été rattrapée par des gardes. Il n’y a pas d’autres mots pour ces endroits que le cratère de l’enfer. C’était bien pire qu’une prison.» D’après d’autres témoignages, près de 2000 bébés nés de ces femmes «immorales» auraient été enlevés et vendus à de riches familles américaines. D’après le rapport, la majorité des pensionnaires ont passé moins d’un an dans l’une des dix «blanchisseries» mais près d’une sur dix y sont mortes. La plus jeune avait 15 ans.

Ce n’est qu’en 1993, trois avant la fermeture du dernier couvent, que cette affaire a réellement éclaté. Cette année-là, un promoteur immobilier qui venait d’acheter une partie de ces bâtiments a en effet retrouvé les restes de plus de 100 pensionnaires, inhumées dans des tombes sans noms. Cette dramatique affaire a inspiré un film «The Magdalene Sisters», qui a reçu en 2002 le Lion d’or de la Mostra de Venise.

Les soeurs du Bon pasteur irlandais*

J'ai travaillé en silence dans la vapeur
à purifier des surplis, travail de Dieu lui même.
Jolie comme une image, j'étais trainée
depuis notre porte d'entrée,
priant pour mon âme, exhortée à la pénitence
parce que le prêtre m'avait qualifiée de sale.
Sous un fouet de cuir, menée

à la confession, contaminée par le sperme
de sous-hommes mariés à la chasteté,
j'ai pleuré. Derrière les barrières et les fils de fer barbelés,
mon bébé arraché de mes seins explosés,
j'ai été battue, tondue, et recouverte de honte.
Dehors, les garçons bombardaient joyeusement
l'Irlande du Nord protestante pour leur liberté,

les Américains retraçaient leurs racines irlandaises.
Au Congo belge l'armée tuait les Noirs
nourris à la terreur des Soeurs de la miséricorde ;
pendant que sur l'archipel des Madeleine
nous pleurions les années perdues,
et espérions qu'il y avait plus encore
que nous ne comprenions pas.

A voir, à lire, sur le sujet des blanchisseuses…

Films :

- The Forgotten Maggies, documentaire de Steven O’Riordan, 2009.
- The Magdalene Sisters, Peter Mulla, 2002.
- Philomena, Stephen Frears, 2014.

Livre:

Kathy O'Beirne, L’enfer de Kathy, J'ai vécu six ans chez les Magdalene Sisters, Pocket, 2012. Autobiographie d'une femme témoignant de son enfance passée dans un foyer, un hôpital psychiatrique puis au couvent.


Pièces :

The Magdalen Whitewash, pièce écrite par Valerie Goodwin et jouée au Draíocht Arts Centre in Dublin, 2002.

Eclipsed, pièce écrite par Patricia Burke-Brogan sur les blanchisseries.
The Magdalene Sisters, la suite

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Les filles de Magdalene...Les diablesses du Bon Pasteur

18 Février 2014, 13:09pm

Publié par Mia Holger

Cet article n'est ni frivole, ni gai, il est triste, vos met en rage, c'est une étape de notre histoire que peu connaisse, histoire cachée, la faute à tous, aux religieuses, aux parents, aux institutions publiques , à la société, aux riches et aux pauvres, les seuls victimes, ces pauvres filles abandonnées à leur sort, jetées dans un enfer sans être coupable, honte à tous ceux qui ont abusé de ses filles, honte aux parents et à tous ceux qui savaient mais qui n'ont jamais rien dit.

J'ai découvert cette horreur grâce à deux films, un film français et un anglais, le premier nous raconte la vie des filles, cloitrées dans les établissements BON PASTEUR, le second la vie des filles placées au couvent de Saint Magdalene, dans le film en Irlande.

Sans ces films, je n'aurais jamais rien su, je comprends leurs souffrance, leur incompréhension, leur rage et leur haine.... J'espère que de telles situations ne se reproduisent plus dans nos pays.

Les Diablesses, est un film de Harry Cleven, sorti en 2006.

Il n'y a pas si longtemps en France, dans les années 50-60, on enfermait des jeunes filles dans les couvents du Bon Pasteur afin de les mettre dans le droit chemin. Leur faute ? Être filles-mères, fugueuses, pauvres, abandonnées ou considérées comme ayant « le diable au corps » parce qu'elles avaient embrassé un garçon. C'est l'histoire de Sylvie (Anna Mihalcea), l'héroïne des « Diablesses », élaboré à partir de témoignages, racontant leur enfer au Bon Pasteur. Nous découvrons avec horreurs ce qu'étaient ces institutions religieuses où l'on brisait la tempérament des adolescentes. On changeait leur prénom, on coupait leurs cheveux, on bandait leur poitrine pour occulter leur corps et on vérifiait qu'elles étaient vierges.

Un établissement du BON PASTEUR

Un établissement du BON PASTEUR

Filles au travail au BON PASTEUR

Filles au travail au BON PASTEUR

Les filles de Magdalene...Les diablesses du Bon Pasteur

La société de l’époque parque hors de sa vue des filles présumées perdues. Manque d’humanité, absence de soins et de liberté, parfois droguées pour les plus « caractérielles », les jeunes filles vivent ce qui ressemble à un calvaire.

Leurs journées, ponctuées de prières, étaient consacrées à des tâches ingrates. A leur majorité (21 ans), elles sortaient déshumanisées. Ces institutions (une centaine) ont fermé dans les années 70.

Voici des témoignages poignant de jeunes filles ayant passé des années au Bon Pasteur :

« J’ai vu des filles en petite culotte et chemise sur le palier, se faire battre. Elles y couchaient parfois. Elles prenaient froid. Elles n’étaient pas soignées, elles en mouraient parfois » France

« Lors de mon entrée, on a même changé mon prénom. Je perdais jusqu’à mon identité». Rose-Marie

« J’avais treize ans… Dès mon arrivée, je fus fouillée. On me confisqua mes affaires personnelles et je revêtis l’uniforme. Le pire fut la visite gynécologique... »

Pour les plus rebelles, c’est l’expérience du cachot, des coups, des privations. En cas de fugue, à peine rattrapées, elles sont renvoyées dans des établissements plus sévères jusqu’à leur majorité, 21 ans à l’époque.

The Magdalene Sisters

The Magdalene Sisters est un film dramatique de Peter Mullan sorti en 2002. Il a reçu le Lion d'or à la 59e Mostra de Venise le 8 septembre 2002.

En Irlande, dans le comté de Dublin, en 1964. Lors d'un mariage, Margaret est violée par son cousin. La honte s'abat sur toute la famille. Au petit matin, le curé de la paroisse vient chercher Margaret. Bernadette est pensionnaire dans un orphelinat. En grandissant, devenue jolie, elle suscite la convoitise des jeunes gens du quartier. Considérant que sa nature et son caractère la destinent au pire, la direction de l'orphelinat la confie alors à l'unique institution susceptible de la maintenir dans le droit chemin. Rose, qui n'est pas mariée, vient de donner naissance à un petit garçon. Séparée de son bébé, elle est emmenée au couvent des sœurs de Marie-Madeleine. c'est en lavant le linge de l'Eglise irlandaise et de la bonne société que ces femmes se laveront de leurs péchés en travaillant comme des esclaves, battues, humiliées, mal nourries.

Un couvent de la Madeleine, également appelé « blanchisserie Madeleine » (en anglais, Magdalene asylum, généralement connu en Irlande sous le terme de Magdalene laundry) désigne une institution catholique destinée en principe à la rééducation de « femmes perdues » , de « femmes de mœurs légères ». Le premier asile de ce genre était situé sur Leeson Street à Dublin en Irlande, et a été fondé le 11 juin 1765 par Lady Arabella Denny.

lavanderie en Irlande

lavanderie en Irlande

Filles au travail

Filles au travail

Ces établissements qui auraient du être un foyer, un lieu de récupération pour des jeunes filles, étaient des prisons, des camps de travail, où leurs droits étaient bafoués, elles travaillaient 12 heures par jour pour rien, esclaves de ces êtres sans âmes.

Mais attention, il ne s'agit nullement d'un problème de religion, les services publiques, les familles, les juges, les grandes entreprises, tous savaient en quoi consistaient ces lieux maudits, mais personne n'a jamais rien fait pour l'éviter. De 1922 à 1996 environ 30 000 femmes rejetées par la société y furent enfermées. Le dernier couvent de la Madeleine en Irlande fut fermé le 25 septembre 1996, incroyable que personne ne se soient jamais manifesté contre cet esclavage, contre cette barbarie, c'est juste révoltant.

Filles esclaves au travail

Filles esclaves au travail

Les filles demandant justice

Les filles demandant justice

Histoire

Les couvents de la Madeleine sont issus du « Rescue Movement » qui prit naissance en Grande-Bretagne et en Irlande au cours du XIXe siècle, son but était la réhabilitation de femmes dites « perdues ». Ce terme désignait celles qui avaient eu des relations sexuelles hors mariage, quelle qu'en fut la cause : prostitution, abus sexuels, ou encore sexualité jugée trop précoce. Seul un faible pourcentage des femmes admises étaient des prostituées professionnelles. La plupart étaient en fait des filles-mères.

En Irlande, ces institutions prirent le nom de Marie-Madeleine. En Irlande, l'Église s'appropria rapidement le mouvement de Madeleine et les foyers, qui étaient prévus à l'origine pour de courts séjours, devinrent de plus en plus des institutions à long terme. Les pénitentes furent mises au travail, généralement dans des laveries. Les pensionnaires devaient accomplir des travaux de blanchisserie, afin de laver symboliquement leurs péchés. Cette activité représentait en outre des rentrées d'argent nécessaires à la bonne marche et à l'entretien des couvents et à l'enrichissement de beaucoup sauf des filles-esclaves, elles devaient travailler 12 heures par jour en échanges de tortures, peu de nourriture et abus sexuels dans bien des cas.

Au fur et à mesure que le mouvement s'éloignait de son principe, à savoir sortir des prostituées de la rue et les héberger car leur passé les empêchait de trouver un emploi, les couvents prirent un aspect de plus en plus pénitentiaire. Les sœurs avaient comme tâche de dissuader par n'importe quel moyen les filles de quitter l'institution pour, au contraire, les encourager à entrer dans les ordres. Les registres montrent que, au cours des premières années, de nombreuses femmes intégraient et quittaient l'institution selon leur seule et propre volonté, parfois à plusieurs reprises, les pensionnaires cherchaient alors « un refuge à la maladie, la prison, une situation familiale désastreuse, les abus et de mauvaises circonstances économiques ».

Pour maintenir l'ordre et une atmosphère austère, les pensionnaires devaient observer un silence strict tout au long de la journée. « La règle du silence était un point fondamental de la vie de ces femmes et fut maintenue longtemps durant la seconde moitié du XXe siècle ». Les châtiments corporels étaient monnaie courante.

À mesure que le phénomène se répandit, il sortit du champ de la prostitution pour toucher également les mères célibataires, les jeunes filles trop aguicheuses, ou même simplement trop jolies. Les pensionnaires étaient souvent internées par des membres de leur famille, le prêtre ou la police. Celles qui n'avaient personne à l'extérieur y passèrent le reste de leur vie. Parmi elles, beaucoup ont fini par prononcer leurs vœux. Dans une Irlande à la morale sexuelle conservatrice, les couvents de la Madeleine étaient une institution largement acceptée par la société civile. En témoignent l'expression courante « bad girls do the best sheets » (« les mauvaises filles font les meilleurs draps »), ou le fait que l'on menaçait les enfants turbulents de les envoyer au couvent. Les couvents et les placements disparurent avec le changement de mœurs sexuelles, mais aussi avec l'apparition de la machine à laver faisant concurrence à leur activité de buanderie.

Ce n'est qu'à partir de 1993 que l'on commença à entendre parler de c es horreurs, un ordre de sœurs à Dublin vendît une partie de son couvent à un promoteur immobilier. Les restes de 155 pensionnaires, inhumées dans des tombes anonymes furent exhumés et ré-inhumés dans une fosse commune. Ceci provoqua un scandale public à l'échelle régionale et nationale. La dernière blanchisserie de Madeleine située à Waterford ferma le 25 septembre 1996. En mai 2009, la commission d'enquête sur la maltraitance des enfants en Irlande diffusa un rapport de 2 000 pages détaillant des dizaines de milliers de cas d'horribles sévices commis dans de nombreuses écoles, y compris dans les Couvents de la Madeleine.

L'une des pièces fournies par les victimes pour prouver la implication de l'État irlandais est un livre de comptes datant de 1980, dans ce livre, la comptabilité met bien en évidence que les filles travaillaient comme esclave et que leur travail donnaient des bénéfices, il ne faut pas oublier que le prix offert était bien plus économique que ceux des blanchisseries "honnètes", les ressources provenaient essentiellement de l'État irlandais, mais aussi d'Áras an Uachtaráin, de Guinness, de Clerys, du théâtre Gaiety, de l'hôpital du Dr Steevens, de la banque d'Irlande, du Ministère de la défense, du Ministère de l'agriculture et de la pêche, du club de golf Portmarnock, du club de golf Clontarf et de plusieurs hôtels importants. Tous savaient le pourquoi d'un prix si compétitif et tous ont juste regardé ailleurs, l'argent était bien plus important que la vie, l'honneur, l'orgueil de ces pauvres filles victimes de la cruauté et de l'avarice. Le 5 février 2013, l’État irlandais reconnaît sa responsabilité dans l'esclavage de plus de 10 000 femmes enfermées entre 1922 et 1996 dans les « blanchisseries Madeleine », ouvrant ainsi la voie à une indemnisation.

Les filles de Magdalene...Les diablesses du Bon Pasteur

Témoignages sous formes de vidéo d'anciennes filles de la Madeleine, poignants, émotifs, bouleversants.

Quand je pense que moi qui suis née en 1961, j'aurais pu y aller simplement pour mettre un peu de rouge à lèvre à 15 ans...Cela donne des frissons...

Juste espérer que cette horreur ne se reproduise plus jamais

Bibliographie

  • Frances Finnegan, Do Penance or Perish. A Study of Magdalen Asylums in Ireland. Congrave Press, Ireland, Piltown, Co. Kilkenny (2001).

  • Mary Raftery, et al.: Suffer the Little Children: The Inside Story of Ireland's Industrial Schools, Continuum International Publishing Group, hardcover, 424 pages,

  • Cliona Murphy et Maria Luddy, Women Surviving, Dufour Editions, 1990.

  • Kathy O'Beirne, L'enfer de Kathy

  • Wikipedia

  • http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/05/21/l-eglise-irlandaise-a-maltraite-des-milliers-d-enfants-dont-elle-avait-la-charge_1196274_3214.html

  • http://www.magdalenesurvivorstogether.net/#/survivor-testimony/4562712580

  • http://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docks-portraits-44-%C2%AB-memoires-de-mauvaises-graines-quand-les-anciennes-pensionnaire

Les filles de Magdalene...Les diablesses du Bon Pasteur

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