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Moi et mes idées

Enaiatollah, le petit Afghan

10 Février 2014, 11:16am

Publié par Mia Holger

Quatre heure du matin et pourtant la chaleur est accablante, dans ce petit camp pour réfugiés Afghan à Peshawar. Enaiatollah avec à peine 8 ans, se lève doucement et se prépare pour aller comme tous les jours à l’usine de fabrication de briques. Il met son maillot avec le numéro de Messi. Ce maillot qu’il a obtenu au près d’une ONG est son trésor. Il n’a jamais vu un seul match du petit argentin, mais pour lui, c’est son idole, celui qui lui donne la force pour aller pendant six heures accroupi travailler la boue, la terre, balayer et tous les petits travaux que les adultes lui diront de faire.

Il sort de la petite tente qui tient lieu de maison, les rues sont désertes mais non libre de dangers. Il croise d’autres petit bouts de choux qui le visage triste, les yeux fatigués se dirigent vers des lieux où même pour un adulte c’est un crime y travailler.

Des souvenirs lui viennent à la mémoire, il se rappelle quand à Kaboul, il jouait parfois au foot, tous les enfants se rassemblaient sur une place et jouaient, ils s’amusaient si bien et puis il jouait bien lui, rapide, précis, il s’imaginait un jour portant un beau maillot d’un pays lointain qui était pour lui, le paradis. Parfois des soldats étrangers lui relançaient la balle et ils riaient en le voyant dribler comme une anguille. Mais un jour, on lui a dit monte dans la voiture, dors et tais toi. Il obéit et se réveilla dans un pays qui n’était pas celui dont il rêvait.

Mais, maintenant il doit se dépêcher, le travail l’attend. En travaillant, le dos courbé, les jambes pliées, il essaye de ne pas pleurer, de ne pas penser à la haine qui l’envahit, pourquoi lui, pourquoi doit-il être ici, pourquoi ne peut-il pas dormir……….

Vers neuf heures du matin, la sirène retendit, il était temps de rentrer à la maison, manger un petit plat de riz et un bol de yogourt, ses parents ne serait plus là, son père partit aux champs et sa mère à l’atelier de broderie. S’il n’était pas trop fatigué, il essayerai d’aller un peu à l’école.

Il prit son ballon, plus vieux que le vieil home assis à ses cotés et balle au pied se décida à rentrer.

Il aimait ce moment de la journée, l’air était propre, et les visages pas encore trop fatigués.

Il avança en trottinant, la balle semblait comme collé à son pied, il driblait les chiens ou les passants, et il laissa son imagination volée…. La foule dans le stade l’acclame, les milliers de personnes tapent des mains, il doit leur montrer qu’il peut… il passe son ballon d’un pied à l’autre, un petit peu en avant, court le rattraper, et continue son chemin vers le but…. Aucun défenseur ne peut l’arrêter, il est le meilleur, il se prépare, regarde le but, s’élance et BUTTTTTTTTTTTTT, la foule devient folle, ses compagnons se ruent sur lui, il a marqué le but de la victoire, il se sent bien, il a bien joué…….

Un passant le ramène à la réalité en lui disant qu’il ne peut pas jouer dans le marché.. il regarde autour de lui, la misère de nouveau le frappe au visage, une femme mendie quelques sous cachant sa honte et sa misère sous un burka ocre tout rapiécé, des petits enfants presque des bébés trient des légumes, cherchant quelque chose pour manger.

Il ferme les yeux, il ne veut rien voir, il rêve de ces pays où les enfants jouent et jouent, il veut lui aussi être Messi, il doit être Messi.

Il arrive chez lui, personne pour lui donner un bisou, personne pour le dorloter, il n’a que ce ballon, ce maillot, qu’il sert contre lui, cherchant à travers lui, à goûter à ce plaisir de vivre comme un enfant.

Il ne peut plus attendre, il doit partir, il doit aller dans ces pays, là où les enfants sont rois… il a des noms, mais ne sait pas où se diriger.

Il prend son ballon, un peu de nourriture, un peu d’argent et quitte la maison.

Il pleure pour ses parents, pour ses frères, pour tous les autres, lui il a décidé que son ballon soit la porte vers le bonheur.

Il marche le long des ruelles du camp de réfugiés, il est heureux de le quitter, il a son ballon et avec lui, il arrivera au bout du monde.

Marcher vers l’inconnu, marcher vers Messi, il sait qu’il arrivera, qu’il sera quelqu’un…

La foule l’acclamera, et il sera heureux..

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annie terrier 10/02/2014 18:22

je viens d'avoir 1 ami au tel qui revient du cambodge il me dit avoir de nombreuses photos d'enfants tres souriants et qui pourtant n'ont rien !